(Bref aide-mémoire
pour la jeune génération) L' " Acte du 21 février 1786 ".

L'acte du 20 mars 1786 concernant la reconnaissance de noblesse du Saint-Empire de la branche des Paternostre établie en Hainaut sous Charles VII de France, Philippe le Bon, Charles Quint, authentifié et certifié par les Archives Nationales de Vienne (1), émane officiellement de la Chambre héraldique de l'Empereur Joseph II de Habsbourg-Lorraine pour les Pays-Bas autrichiens ; les actes et procès verbaux déposés au ministère belge des Affaires étrangères, ont été signés par le conseiller premier roi d'armes Beydaels de Zittaert et par les rois d'armes de Hainaut, Flandre, Brabant et Luxembourg, cosignés par Philippe o'Kelly de Galway, conseiller et roi d'armes de l'Impératrice Marie-Thérèse puis de Joseph II. Cet acte a été entériné ensuite par le Royaume-Uni des Pays-Bas, puis par la Belgique de 1830 ; les lettres patentes de chevalerie héréditaire du Saint-Empire octroyées par l'Empereur Joseph II le 31 octobre 1786, qualifient dûment Charles-Antoine Paternostre d'écuyer. (2)
Il est dit dans cet acte que Charles-Antoine est noble " du chef de ses ayeux " (et peut porter les armes doubles des Paternostre de Bourgogne et de Bretagne), ceci en citant nommément l'ancêtre commun direct des deux branches Adrien V (1595-1671). L' " Essai de synthèse " cité en note (1) de Baudouin PLM, prouve par la reproduction des pièces authentiques de filiation, la descendance de la branche aînée subsistante dudit Adrien V. Cette filiation avec les droits qu'elle implique, est officiellement sanctionnée par l'Association Royale Office Généalogique et Héraldique de Belgique (OGHB). Ainsi, de ces deux branches issues d'Adrien V une seule est éteinte.
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(1) Osterreichisches Staatsarchiv, Wien I, Niederlandschen Adelsarchiv, Select Beydaels de Zittaert, p.191 CXLVIII.VI, 475, CLXXIII, 129. Les procès verbaux de séance de la Chambre héraldique, relatifs à cet acte, se trouvent aux archives du Ministère belge des Relations Extérieures (1782-1793, n° 172, 12E, folios 104 et 105). Voir aussi la note 297 et l'Annexe 25 de " Les Paternostre, étude historique, de la Normandie féodale aux Pays-Bas autrichiens, Essai de synthèse " de Baudouin Paternostre de La Mairieu, édit. de 2004). OGHB, " Le Parchemin " 392 - mars - avril 2011, pp.135 à 138.
(2) Le Saint Empire Romain Germanique est toujours reconnu aujourd'hui par la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, en Allemagne comme sujet de droit international sans contestation d'aucune chancellerie, même s'il n'a plus d'organe d'expression.

Charles-Antoine Ier.

Lorsque Charles-Antoine (1723-1798) sollicite du Conseiller premier roi d'armes Jaerens la déclaration du 23 décembre 1748, il a 25 ans.
Son grand-père Jehan V Paternostre (1633-1713) est mort dix ans avant sa naissance.
Nicolas-Joseph Paternostre, seigneur de La Mairieu (1693-1732), son père, meurt alors qu'il n'a que neuf ans. Sa mère, née en 1694, survivra de onze années à son mari.
Si Charles-Antoine sait par la tradition familiale la vieille noblesse de sa famille, tout futur magistrat qu'il soit, il est bien en peine de la prouver. Car à Pont Saint-Esprit, à Dijon, Hesdin, à Lille, Bruges, Biévène, Malines, etc., les régimes ont varié, du royaume de France au duché de Bourgogne, au Saint Empire romain germanique. - Bientôt Charles-Antoine apprendra le sens des armes aux éperons et à l'épée d'or du sceau de son grand-père, sceau détenu par son beau-frère Guillaume de Brou, conseiller à la Chambre des Comptes. Ces armes, gravées aussi sur des pièces de vaisselle familiale, rappellent les faits d'armes, en 1535/36, de Pierre IV Paternostre, chevalier doré, l'arrière-grand-oncle de son trisaïeul Adrien V Paternostre, ainsi que le montre le rôle ultérieur de Monteleone-Montlion, et celui des Pignatelli (3). Devenu juriste chevronné il aura réuni assez d'informations sur ses lointains ancêtres, pour pouvoir revendiquer de l'Empereur Joseph II la reconnaissance de noblesse en bonne et due forme de sa lignée, et obtenir la réunion des armes des Paternostre du Saint Empire (dites à l'épée et aux éperons d'or) et des Paternostre de Bretagne et aussi de Bourgogne (dites parlantes aux roses d'or). En 1786, Charles-Antoine Paternostre requit donc de la Chambre Héraldique du Hainaut de lui délivrer un acte de reconnaissance de noblesse. A cet effet, il présente à ladite Chambre divers titres attestant de l'état de noblesse de son ascendance et notamment d'Adrien V Paternostre (1595-1671). Ces titres furent trouvés suffisants par la Chambre en sa séance du 21 janvier 1786 et elle résolut en conséquence unanimement, en sa séance du 21 février suivant, de lui faire expédier l'acte requis. Cette confirmation fut suivie par l'octroi, le 31 octobre 1786, de Lettres Patentes de Chevalier héréditaire par l'Empereur Joseph II à Charles-Antoine Paternostre, dûment qualifié d'écuyer, ce qui confirme encore la noblesse ancienne.

La reconnaissance de sa noblesse : où avait-elle sa source ? Les Bretons, éteints au XVIIème siècle, sont issus de Pierre II Paternostre, valet de Chambre du Roi Charles VI, puis co-recteur, co-gouverneur et co-administrateur de la Confrérie du Saint Esprit, certifié noble en 1415 (déjà qualifié d' " escuier " en 1405), frère de Guillaume VI, secrétaire du Roi, responsable de l'important grenier à sel de Pont-Saint-Esprit, certifié noble en 1408 (4), à l'origine des Paternostre de Bourgogne puis de Flandres et de Hainaut.
(La duchesse Marguerite de Bourgogne, veuve de Jean sans Peur assassiné, avait fait mander par l'envoyé de Charles VI Guy de La Brosse aux officiers royaux de Pont-Saint-Esprit d' " adhérer à elle et à son fils le duc Philippe " (op. cité p. 84). Le 5 février 1430, Jehan Paternostre, que l'on doit supposer fils de Guillaume (op. cité p. 94) reçoit de Philippe le Bon un office de gentilhomme de l'hôtel de la duchesse Isabelle de Portugal sa femme. Trois générations successives de Paternostre serviront les ducs de Bourgogne, jusqu'au mariage en 1477 de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, avec Maximilien d'Autriche.)
Guillaume et Pierre Paternostre, fils de Gilles sans doute (5) dont Charles-Antoine " se croit issu ", n'ont dû quitter Pont-Saint-Esprit attaqué par les troupes du futur Charles VII en guerre contre son père, qu'en 1420 (Op. cité p. 85). Or en 1405 déjà, Pierre a participé à l'ost de Carentan. Il se trouve là en relation avec Jean du Hommet (6) qui est chambellan de Louis d'Orléans, frère de Charles VI, tout comme son propre frère Guillaume est lui-même en relation avec ce prince (op. cité, annexe 19, pp. 156-157). Ce lien n'est pas dû au hasard : Jean du Hommet est un descendant direct du Connétable Guillaume du Hommet seigneur de La Rivière (près de Carentan), dont la famille est apparentée aux La Haye du Puits (Thurstan Haldup), Bertram, Plainel, Taillebois, etc., Tancarville, Beauchamp/Beaucamp (au temps de Hugues Ier de Beauchamp, compagnon de Guillaume le Conquérant à Hastings en 1066, " quadrisaïeul " de Roger de Beauchamp dit Paternostre, cité comme tel en 1195) (7). - Le Tableau Synoptique d'Eric PLM., très complet et rigoureux, fait apparaître clairement la constante proximité des Paternostre et des Tancarville, des origines normandes jusqu'à Biévène lez Enghien en Hainaut (op. cité, pp. 84-85 ; 93 et squ.), ainsi que leur présence durable en Angleterre dès la seconde moitié du XIIème siècle. Les mêmes Paternostre, étant aussi (relativement) proches, à Malines, du pouvoir Bourgogne/Saint Empire.
(La séparation des deux frères serait due non seulement au mariage de Pierre avec une jeune Bretonne mais aussi à leur point de vue différent dans la querelle des armagnacs et des bourguignons.)
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(3) " Les Paternostre ", ibid., pp. 111 à 113, et note 264 ; p. 132 et notes 320 à 322. Voir Annexes 23 et 24, pp. 159-162.
(4) La branche bretonne fut déclarée de noble extraction par arrêt de la Chambre de réformation le 4 mars 1669 ; Le dossier de maintenue fut présenté par le chevalier Jean-Claude Le Jacobin, conseiller à la Chambre de la Réformation de 1668 à 1672. Celui-ci se fondait sur une information de 1343, sur diverses réformes et montres accomplies entre 1423 et 1543. B. N. Paris, Ms franç. 8316, fo 62, 63, 1081 et 1082 ; etc. (Op. cité p. 101, note 239). - Diction. des anoblissements, tiré des reg. et chartes de la Chambre des Comptes et de la Cour des Aides de Paris : p. 151. - Chroniques et cartulaires de l'œuvre du Saint-Esprit (1265-1791) par L. Bruguier-Roure (Nîmes 1889). - Archives Nationales à Paris, reg. d'anoblissements II 69, fo 209 : iii c ii. Bibliothèque Nationale à Paris, Département des Manuscrits : Français 4834. Anoblissements tirés du trésor des Chartes, Chambre des Comptes et de la Cour des Aides. Fol. 312, fol. LXXVI vo. - Voir les " Généalogies Enghiennoises , livre VI ", pp.184-185, René Goffin, Recueil VIII des Tablettes du Hainaut. On consultera également la liste des armoriaux et dictionnaires héraldiques énumérés dans " Les Paternostre ", ibid., en fin de volume et dans les errata.
(5) Cf. op. cité page 77 et note 169 ; et p. 78. Gilles Paternostre, venu de Rouen pour exercer la charge de " grenetier du grenier à sel " d'Avignon. (L'installation du Saint-Siège, de ses prélats, de ses services, de sa garnison en Avignon au début du XIVème siècle nécessite l'importation de sel pour la conservation des aliments, d'où l'importance prise, à proximité, en amont sur le Rhône, par le grenier à sel de Pont-Saint-Esprit.)
Quand Guillaume V Paternostre de Beauchamp, cousin de Gilles, meurt en 1385 il a une fille unique, son héritière, laquelle se mariera avec Guillaume de Grosmesnil, lui apportant en dot les fiefs de Beauchamp, etc. A partir de ce moment les Paternostre, ses cousins et leurs descendants exerceront fréquemment des offices militaires ou autres, subordonnés aux autorités royales, puis ducales, puis impériales.
(6) Archives de la Manche à Saint-Lô, charte datée de Carentan.
(7) " Ancient Ancestors p. 380-9 ". " Opération Charles VI ", n° 1093 (Jean de Montenay, baron du Hommet, 1383-1415 + à Azincourt, conseiller du Roi, chambellan de Louis d'Orléans, chambellan du Roi). - Voir aussi " Normandie Web : Saint-Fromond ".
- " Les Annales de la ville de Caen et de la Basse-Normandie ". - " Dictionnaire de la noblesse ", La Chenaye-Desbois, tome X, p. 320-321 ; (Jean, et Guillaume de Montenay son neveu et son héritier (" capitaine de la Ville et Châtellenie de Carentan en 1414 "), baron du Hommet, de La Rivière, etc. Et tome XIV, p. 326. - (Guillaume du Hommet, conseiller et chambellan du dauphin, futur Charles VII, se trouvait à l'entrevue du duc de Bourgogne et du Dauphin sur le Pont de Pouilly le 11 juillet 1418, puis à Montereau où fut assassiné Jean sans Peur en 1419 (lui-même meurtrier de Louis d'Orléans en 1407), par Tanneguy du Châtel, partisan du Dauphin et l'un des chefs du parti d'Orléans.)
Ghislain, Eric, Bruno (Président de l'Association familiale Paternostre).