L'acte du 20 mars 1786 concernant la reconnaissance de noblesse du Saint-Empire
de la branche des Paternostre établie en Hainaut sous Charles VII de
France, Philippe le Bon, Charles Quint, authentifié et certifié
par les Archives Nationales de Vienne (1), émane officiellement de la
Chambre héraldique de l'Empereur Joseph II de Habsbourg-Lorraine pour
les Pays-Bas autrichiens ; les actes et procès verbaux déposés
au ministère belge des Affaires étrangères, ont été
signés par le conseiller premier roi d'armes Beydaels de Zittaert et
par les rois d'armes de Hainaut, Flandre, Brabant et Luxembourg, cosignés
par Philippe o'Kelly de Galway, conseiller et roi d'armes de l'Impératrice
Marie-Thérèse puis de Joseph II. Cet acte a été
entériné ensuite par le Royaume-Uni des Pays-Bas, puis par la
Belgique de 1830 ; les lettres patentes de chevalerie héréditaire
du Saint-Empire octroyées par l'Empereur Joseph II le 31 octobre 1786,
qualifient dûment Charles-Antoine Paternostre d'écuyer. (2)
Il est dit dans cet acte que Charles-Antoine est noble " du chef de ses
ayeux " (et peut porter les armes doubles des Paternostre de Bourgogne
et de Bretagne), ceci en citant nommément l'ancêtre commun direct
des deux branches Adrien V (1595-1671). L' " Essai de synthèse "
cité en note (1) de Baudouin PLM, prouve par la reproduction des pièces
authentiques de filiation, la descendance de la branche aînée subsistante
dudit Adrien V. Cette filiation avec les droits qu'elle implique, est officiellement
sanctionnée par l'Association Royale Office Généalogique
et Héraldique de Belgique (OGHB). Ainsi, de ces deux branches issues
d'Adrien V une seule est éteinte.
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(1) Osterreichisches Staatsarchiv, Wien I, Niederlandschen Adelsarchiv, Select
Beydaels de Zittaert, p.191 CXLVIII.VI, 475, CLXXIII, 129. Les procès
verbaux de séance de la Chambre héraldique, relatifs à
cet acte, se trouvent aux archives du Ministère belge des Relations Extérieures
(1782-1793, n° 172, 12E, folios 104 et 105). Voir aussi la note 297 et l'Annexe
25 de " Les Paternostre, étude historique, de la Normandie féodale
aux Pays-Bas autrichiens, Essai de synthèse " de Baudouin Paternostre
de La Mairieu, édit. de 2004). OGHB, " Le Parchemin " 392 -
mars - avril 2011, pp.135 à 138.
(2) Le Saint Empire Romain Germanique est toujours reconnu aujourd'hui par la
Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, en Allemagne comme sujet de droit international
sans contestation d'aucune chancellerie, même s'il n'a plus d'organe d'expression.
Charles-Antoine Ier.
Lorsque Charles-Antoine (1723-1798) sollicite du Conseiller premier roi d'armes
Jaerens la déclaration du 23 décembre 1748, il a 25 ans.
Son grand-père Jehan V Paternostre (1633-1713) est mort dix ans avant
sa naissance.
Nicolas-Joseph Paternostre, seigneur de La Mairieu (1693-1732), son père,
meurt alors qu'il n'a que neuf ans. Sa mère, née en 1694, survivra
de onze années à son mari.
Si Charles-Antoine sait par la tradition familiale la vieille noblesse de sa
famille, tout futur magistrat qu'il soit, il est bien en peine de la prouver.
Car à Pont Saint-Esprit, à Dijon, Hesdin, à Lille, Bruges,
Biévène, Malines, etc., les régimes ont varié, du
royaume de France au duché de Bourgogne, au Saint Empire romain germanique.
- Bientôt Charles-Antoine apprendra le sens des armes aux éperons
et à l'épée d'or du sceau de son grand-père, sceau
détenu par son beau-frère Guillaume de Brou, conseiller à
la Chambre des Comptes. Ces armes, gravées aussi sur des pièces
de vaisselle familiale, rappellent les faits d'armes, en 1535/36, de Pierre
IV Paternostre, chevalier doré, l'arrière-grand-oncle de son trisaïeul
Adrien V Paternostre, ainsi que le montre le rôle ultérieur de
Monteleone-Montlion, et celui des Pignatelli (3). Devenu juriste chevronné
il aura réuni assez d'informations sur ses lointains ancêtres,
pour pouvoir revendiquer de l'Empereur Joseph II la reconnaissance de noblesse
en bonne et due forme de sa lignée, et obtenir la réunion des
armes des Paternostre du Saint Empire (dites à l'épée et
aux éperons d'or) et des Paternostre de Bretagne et aussi de Bourgogne
(dites parlantes aux roses d'or). En 1786, Charles-Antoine Paternostre requit
donc de la Chambre Héraldique du Hainaut de lui délivrer un acte
de reconnaissance de noblesse. A cet effet, il présente à ladite
Chambre divers titres attestant de l'état de noblesse de son ascendance
et notamment d'Adrien V Paternostre (1595-1671). Ces titres furent trouvés
suffisants par la Chambre en sa séance du 21 janvier 1786 et elle résolut
en conséquence unanimement, en sa séance du 21 février
suivant, de lui faire expédier l'acte requis. Cette confirmation fut
suivie par l'octroi, le 31 octobre 1786, de Lettres Patentes de Chevalier héréditaire
par l'Empereur Joseph II à Charles-Antoine Paternostre, dûment
qualifié d'écuyer, ce qui confirme encore la noblesse ancienne.
La reconnaissance de sa noblesse : où avait-elle sa source ? Les Bretons,
éteints au XVIIème siècle, sont issus de Pierre II Paternostre,
valet de Chambre du Roi Charles VI, puis co-recteur, co-gouverneur et co-administrateur
de la Confrérie du Saint Esprit, certifié noble en 1415 (déjà
qualifié d' " escuier " en 1405), frère de Guillaume
VI, secrétaire du Roi, responsable de l'important grenier à sel
de Pont-Saint-Esprit, certifié noble en 1408 (4), à l'origine
des Paternostre de Bourgogne puis de Flandres et de Hainaut.
(La duchesse Marguerite de Bourgogne, veuve de Jean sans Peur assassiné,
avait fait mander par l'envoyé de Charles VI Guy de La Brosse aux officiers
royaux de Pont-Saint-Esprit d' " adhérer à elle et à
son fils le duc Philippe " (op. cité p. 84). Le 5 février
1430, Jehan Paternostre, que l'on doit supposer fils de Guillaume (op. cité
p. 94) reçoit de Philippe le Bon un office de gentilhomme de l'hôtel
de la duchesse Isabelle de Portugal sa femme. Trois générations
successives de Paternostre serviront les ducs de Bourgogne, jusqu'au mariage
en 1477 de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire,
avec Maximilien d'Autriche.)
Guillaume et Pierre Paternostre, fils de Gilles sans doute (5) dont Charles-Antoine
" se croit issu ", n'ont dû quitter Pont-Saint-Esprit attaqué
par les troupes du futur Charles VII en guerre contre son père, qu'en
1420 (Op. cité p. 85). Or en 1405 déjà, Pierre a participé
à l'ost de Carentan. Il se trouve là en relation avec Jean du
Hommet (6) qui est chambellan de Louis d'Orléans, frère de Charles
VI, tout comme son propre frère Guillaume est lui-même en relation
avec ce prince (op. cité, annexe 19, pp. 156-157). Ce lien n'est pas
dû au hasard : Jean du Hommet est un descendant direct du Connétable
Guillaume du Hommet seigneur de La Rivière (près de Carentan),
dont la famille est apparentée aux La Haye du Puits (Thurstan Haldup),
Bertram, Plainel, Taillebois, etc., Tancarville, Beauchamp/Beaucamp (au temps
de Hugues Ier de Beauchamp, compagnon de Guillaume le Conquérant à
Hastings en 1066, " quadrisaïeul " de Roger de Beauchamp dit
Paternostre, cité comme tel en 1195) (7). - Le Tableau Synoptique d'Eric
PLM., très complet et rigoureux, fait apparaître clairement la
constante proximité des Paternostre et des Tancarville, des origines
normandes jusqu'à Biévène lez Enghien en Hainaut (op. cité,
pp. 84-85 ; 93 et squ.), ainsi que leur présence durable en Angleterre
dès la seconde moitié du XIIème siècle. Les mêmes
Paternostre, étant aussi (relativement) proches, à Malines, du
pouvoir Bourgogne/Saint Empire.
(La séparation des deux frères serait due non seulement au mariage
de Pierre avec une jeune Bretonne mais aussi à leur point de vue différent
dans la querelle des armagnacs et des bourguignons.)
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(3) " Les Paternostre ", ibid., pp. 111 à 113, et note 264
; p. 132 et notes 320 à 322. Voir Annexes 23 et 24, pp. 159-162.
(4) La branche bretonne fut déclarée de noble extraction par arrêt
de la Chambre de réformation le 4 mars 1669 ; Le dossier de maintenue
fut présenté par le chevalier Jean-Claude Le Jacobin, conseiller
à la Chambre de la Réformation de 1668 à 1672. Celui-ci
se fondait sur une information de 1343, sur diverses réformes et montres
accomplies entre 1423 et 1543. B. N. Paris, Ms franç. 8316, fo 62, 63,
1081 et 1082 ; etc. (Op. cité p. 101, note 239). - Diction. des anoblissements,
tiré des reg. et chartes de la Chambre des Comptes et de la Cour des
Aides de Paris : p. 151. - Chroniques et cartulaires de l'uvre du Saint-Esprit
(1265-1791) par L. Bruguier-Roure (Nîmes 1889). - Archives Nationales
à Paris, reg. d'anoblissements II 69, fo 209 : iii c ii. Bibliothèque
Nationale à Paris, Département des Manuscrits : Français
4834. Anoblissements tirés du trésor des Chartes, Chambre des
Comptes et de la Cour des Aides. Fol. 312, fol. LXXVI vo. - Voir les "
Généalogies Enghiennoises , livre VI ", pp.184-185, René
Goffin, Recueil VIII des Tablettes du Hainaut. On consultera également
la liste des armoriaux et dictionnaires héraldiques énumérés
dans " Les Paternostre ", ibid., en fin de volume et dans les errata.
(5) Cf. op. cité page 77 et note 169 ; et p. 78. Gilles Paternostre,
venu de Rouen pour exercer la charge de " grenetier du grenier à
sel " d'Avignon. (L'installation du Saint-Siège, de ses prélats,
de ses services, de sa garnison en Avignon au début du XIVème
siècle nécessite l'importation de sel pour la conservation des
aliments, d'où l'importance prise, à proximité, en amont
sur le Rhône, par le grenier à sel de Pont-Saint-Esprit.)
Quand Guillaume V Paternostre de Beauchamp, cousin de Gilles, meurt en 1385
il a une fille unique, son héritière, laquelle se mariera avec
Guillaume de Grosmesnil, lui apportant en dot les fiefs de Beauchamp, etc. A
partir de ce moment les Paternostre, ses cousins et leurs descendants exerceront
fréquemment des offices militaires ou autres, subordonnés aux
autorités royales, puis ducales, puis impériales.
(6) Archives de la Manche à Saint-Lô, charte datée de Carentan.
(7) " Ancient Ancestors p. 380-9 ". " Opération Charles
VI ", n° 1093 (Jean de Montenay, baron du Hommet, 1383-1415 + à
Azincourt, conseiller du Roi, chambellan de Louis d'Orléans, chambellan
du Roi). - Voir aussi " Normandie Web : Saint-Fromond ".
- " Les Annales de la ville de Caen et de la Basse-Normandie ". -
" Dictionnaire de la noblesse ", La Chenaye-Desbois, tome X, p. 320-321
; (Jean, et Guillaume de Montenay son neveu et son héritier (" capitaine
de la Ville et Châtellenie de Carentan en 1414 "), baron du Hommet,
de La Rivière, etc. Et tome XIV, p. 326. - (Guillaume du Hommet, conseiller
et chambellan du dauphin, futur Charles VII, se trouvait à l'entrevue
du duc de Bourgogne et du Dauphin sur le Pont de Pouilly le 11 juillet 1418,
puis à Montereau où fut assassiné Jean sans Peur en 1419
(lui-même meurtrier de Louis d'Orléans en 1407), par Tanneguy du
Châtel, partisan du Dauphin et l'un des chefs du parti d'Orléans.)
Ghislain, Eric, Bruno (Président de l'Association familiale Paternostre).